Il y a des livres qu’on ne quitte jamais vraiment.
Le Vieil Homme et la Mer d’Ernest Hemingway en fait partie. Lu il y a plus de dix ans, il a continué à travailler quelque part, silencieusement, jusqu’au jour où j’ai eu besoin de le mettre en images.
Non pas pour illustrer l’histoire, mais pour réparer quelque chose. Parce que sa couverture originale ne m’a jamais satisfaite. Trop sage. Pas assez tendue. Loin de la violence intérieure de ce texte, de ce face-à-face solitaire entre un homme et la mer, entre la force et l’épuisement, entre la victoire et la perte.
Alors j’ai tenté ma propre vision. Un exercice personnel, sans commande, sans contrainte, juste le besoin de traduire ce que le livre m’avait laissé. La tension. L’immensité. Les références narratives qui m’avaient marquée et qui dormaient depuis toutes ces années.
Ce qui m’a frappée en travaillant sur cette illustration, c’est de réaliser à quel point un livre continue de vivre en nous longtemps après qu’on l’a fermé.